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Le bondage japonais ( kinbaku « bondage » ou kinbaku-bi « magnifique bondage » est un type de bondage sexuel japonais entrant dans le cadre de jeux sadomasochistes. Il implique d'entraver celui (ou celle) qui tient le rôle de personne soumise en utilisant des figures géométriques pré-définies à l'aide d'une cordelette, habituellement de 6 à 8 millimètres de diamètre, faite de chanvre ou de jute. Le mot de shibari ( signifiant « attaché, lié », utilisé au Japon pour décrire l'art de ficeler les colis) est devenu l'appellation la plus courante, dans les années 1990, en Occident, pour désigner l'art du bondage kinbaku.
Historique Shibari made in France Certaines techniques de bondage sexuel japonais sont héritées de pratiques militaires, le hojojutsu. Le bondage sexuel est de loin plus mesuré et beaucoup de précautions sont prises pour éviter des blessures.
De nombreux Maîtres japonais du bondage ont leur propre technique, mélange du shibari avec d'autres techniques de leur invention. Le kinbaku a été fortement influencé par l'époque Sengoku. Cette période qui s'étend du milieu du XVe siècle au début du XVIIe siècle est la plus noire qu'ait connu le Japon. Elle reste gravée dans les mémoires pour les tortures cruelles infligées à l'aide du feu, de couteaux, de tatouages, etc… En 1742, sous le shogunat Tokugawa, le gouvernement promulgue une loi interdisant certains crimes ou punitions. On trouve parmi ceux-ci les peines de travaux forcés, l'esclavage, l'exil, la peine de mort, etc., et encore quatre types de tortures : la peine du fouet, l'écrasement d'une partie du corps sous une lourde pierre, le ligotage serré du corps à l'aide de cordes, la suspension par ce même moyen.
D'après plusieurs sources, le bondage sexuel apparaît pour la première fois au Japon à la fin de l'époque d'Edo. Ito Seiu, considéré comme le père du kinbaku, est le premier à faire des recherches sur l'hojojutsu dès 1908 et à l'introduire en tant qu'art. Le kinbaku ne devient réellement populaire dans les revues spécialisées qu'à partir des années 1950, peut-être sous l'influence de John Willie, photographe fétichiste et artiste du bondage. La tradition du bondage en tant qu'art ne se développe au Japon qu'à partir des années 1960.
Différences entre les techniques occidentales et japonaises L'art de poser des liens est très ancien au Japon. La date exacte de son origine est mal connue mais on estime qu'elle remonte à un millénaire.
Apparenté, à l'origine,aux arts martiaux, le ligotage ou Kinbaku est initialement une méthode de torture dont les techniques différent selon le rang du prisonnier (hojojutsu). Il s'est transformé pour devenir une pratique érotique. Le fait de lier (shibari) exige une pratique sereine, progressive et complexe dont la lenteur permet au ligotage d'induire son plein effet. Progressif veut dire qu'il est possible de commencer en n'importe quel endroit du corps (poitrine, cuisses ou ventre) pour gagner peu à peu d'autres points et finir, éventuellement par une immobilisation complète dans une position donnée comme, par exemple, la position en croix du ligoté connue sous le nom de "hog tied".
Le bondage japonais diffère du bondage occidental par le fait qu'au lieu de simplement immobiliser le sujet ou de pratiquer sur lui certaines contraintes, les techniques de shibari ajoutent à cette notion de base un point de vue esthétique (voire érotique) et une stimulation des centres d'énergie en des points précis du corps (Shiatsu). La personne soumise prend du plaisir par la tension de la corde qui lui écrase les seins ou les parties génitales. L'intensité des sensations procurées au sujet ligoté est fonction de sa position. Le bondage japonais est connu pour faire appel à des positions asymétriques qui exagèrent l'impact psychologique du bondage. Les techniques du bondage traditionnel japonais utilisent quand à eux des cordages rugueux d'environ dix à quinze mètres de longueur et constitués de plusieurs brins en fibres naturelles faites de paille de riz, de chanvre, de jute ou encore en toile. Cependant, les meilleurs résultats sont obtenus avec des cordes courtes de 3 à 4 mètres qui permettent de modifier certaines portions du ligotage sans être obligé de le défaire dans son entier ou d'ajuster la tension d'une corde sans toucher à celle des autres. Les cordes auront un diamètre assez gros de 8 à 12 millimètres afin de ne pas pénétrer trop profondément la peau, tout en la marquant suffisamment pour donner une impression de souffrance. Les noeuds seront, en outre, plus esthétiques et plus faciles à défaire. De nos jours, les japonais, à l'instar des occidentaux, utilisent des cordes de nylon plus douces que les cordes traditionnelles mais dont l'inconvénient réside dans le fait que les nœuds ont une fâcheuse tendance à glisser.
L'art martial traditionnel (hojojutsu) des samouraïs ne fait pas de nœud alors que le bondage japonais actuel, s'inspirant du modèle occidental, fait entre deux et cinq sortes de nœuds simples. Le bondage occidental utilise, quand à lui, des nœuds plus complexes. Avec ses racines profondément ancrées au Japon, enseigné dans le monde entier par des Maîtres (sensei) du bondage, le kinbaku a gagné en popularité.
En Occident, le bondage est utilisé uniquement au cours de scènes sadomasochistes. Et encore, depuis peu de temps. Il utilise de longues cordes, d'environ huit mètres de longueur dont le matériau a changé au fil des années : initialement en coton, ce dernier a été supplanté par le nylon dans les années 1980-90 puis de liens constitués de multiples filaments de polypropylène.
Technique Exemple de motif KaradaLe kinbaku traditionnel est basé sur des motifs obtenus à l'aide de cordes et dont la plupart trouvent leur origine dans l’hojojutsu. Parmi les différentes façons de lier, l’ushiro takatekote, le bondage de base, consiste à lier les bras contre la poitrine tout en liant les mains derrière le dos. L'ensemlble décrit une figure en forme de « U ». C’est la figure la plus importante et la plus fréquemment employée. Une autre façon de faire est l’ebi ou figure de la « crevette », originellemnt une torture, est actuellement destinée à rendre l'aspect de la personne ainsi liée plus vulnérable et plus soumise au cours des scènes BDSM.
Le kinbaku traditonnel se pratique avec des liens de sept mètres de longueur. En raison des différences physiques des participant(e)s dans le BDSM occidental, on utilise plutôt des cordes de huit mètres. Les cordages sont habituellemnt réalisés en jute ou en chanvre (mais ni en sisal ni en chanvre de manille) spécialement traités pour obtenir une corde à la fois robuste, souple et douce au toucher. D'autres matériaux sont parfois utilisés.
Pour des raisons historiques, le kinbaku utilise rarement les nœuds (parfois pas du tout). S'il y en a, ce sont des nœuds coulants ou des nœuds de blocage qui requièrent tous deux des matériaux à haut pouvoir de friction, donc rugueux. D'après le livre de Nawa Yumio publié en 1964, les nœuds sont considérés comme particulièrement disgracieux. Les ligotages arborant des nœuds n'étaient pas considérés comme du bondage.
Règles de sécurité Pour ceux qui souhaiteraient se lancer dans le ligotage, il faut savoir qu'un apprentissage est nécessaire car il s'agit d'un jeu dangereux.
Il faut toujours avoir à portée de mains des ciseaux adéquants capables de trancher les liens en cas d'urgence, Il faut toujours protéger la peau du sujet lorsqu'on tire de grandes longueurs de cordes pour éviter de lui brûler la peau, Il faut surveiller les extrémités du sujet (mains, pieds). Si elles blanchissent ou bleuissent, c'est le signe que les liens sont trop serrés et qu'il faut les défaire. Des picotements ou des engourdissements dans les membres sont le signe que le sang circule mal et doivent également conduire à défaire le ligotage et à frictionner le ou les membres. Ne jamais serrer un lien devant le cou du sujet. Le risque serait de l'étrangler. La nuque ne pose, par contre, aucun problème, Si le candidat(e) au ligotage doit être baillonné(e), il faut convenir d'un signal non équivoque pour alerter le ligoteur.
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